Le Temps - 13 mars 2009

Romanens au plus près de son vague-à-l’âme

Thierry Romanens. La légèreté a plié sous le clair-obscur. (DR)

Le Romand publie un quatrième album truffé de clair-obscurs qu’il présente sur scène ce week-end à Neuchâtel et Monthey

«J’m’appelle Romanens et vous pouvez bien tous aller vous faire voir! La vie qui s’est un peu gourée a mis un tigre dans mes épinards.» Sur la chanson de son quatrième et nouvel album qui porte son nom, Thierry Romanens invoque avec panache son droit aux humeurs mélancoliques. Ce côté sombre d’un chanteur trop souvent emprisonné dans son image d’humoriste-chanteur. Pour qui a porté une oreille attentive il y a trois ans exactement au Doigt, rien d’inédit en soi dans ce sillon que l’artiste franco-suisse se plaît à explorer plus avant. Il y larguait déjà en grande partie cette image de farceur qu’aiment à lui accoler l’Helvétie francophone et la francophonie depuis neuf ans, en épanchant quantité de maux de l’âme et de doutes: «Au bal de l’intemporel», «Il était temps» (réorchestré ici d’une façon plus gainsbourienne que brellienne) ou «Perles rouges».

Entouré de sang neuf
Dans l’accentuation de son visage artistique plus nuancé, qu’il dévoile ce week-end sur scène à Neuchâtel et à Monthey après Lausanne et son fief d’Yverdon, ce Romanens qui apparaît le torse asymétriquement griffé sur la pochette de l’album s’est entouré de sang neuf. Trio de jazz romand chérissant l’épure, Format A3, emmené par le pianiste complice Alexis Gfeller, orchestre savamment les ambiances luxuriantes de Je m’appelle Romanens. L ’auteur-interprète Fabien Tharin signe la majorité des textes et cosigne avec Romanens la moitié des compositions. La réalisation artistique, elle, a été confiée au gourou de la scène romande et «faiseur de pop» Raphaël Noir (Kisling, Lole ou Pierre Lautomne).
Deux paradoxes innervent au final l’opus résolument le plus pop et travaillé de Romanens. Ce sont d’abord des jazzmen, certes habitués des relectures du répertoire pop, qui font sonner classieusement ces chansons où résonne souvent l’orgue Hammond, avec l’aide encore de cordes, cuivres, d’une mandoline et guitare électrique ou de la voix de Michael von der Heide pour le duo «L’échelle». C’est ensuite le regard extérieur de Tharin qui permet à Romanens d’approcher au plus près son vague à l’âme, d’exposer ses fêlures à côté d’une ode plus impersonnelle à Johnny Cash écrite par Kent ou de titres plus légers comme «Les puces» ou «Le pingouin», dont la dégustation un soir de Noël fait désormais voir à Romanens «la vie en noir et blanc».
Parmi les temps forts de Je m’appelle Romanens, on retiendra surtout le souffle long et la nostalgie qui imprègnent «Nos vies», la gravité touchante du «Nain» qui narre les désillusions de tout parcours artistique ou «Les hyènes», chanson qui derrière ses allures de tube en dit long sur les tourments intérieurs. Clown chagrin, Romanens s’épanouit enfin dans l’obscure clarté d’un disque-oxymore.

Olivier Horner

Le Matin Bleu - 03 mars 2009

L'Yverdonnois prend la route avec son surprenant nouvel album. Exit les pitreries

Impossible de parler de Thierry Romanens sans penser à ses interventions radiophoniques humoristiques dans «Les Dicodeurs», diffusé quotidiennement sur la Première.

Pourtant, avec «Je m'appelle Romanens», c'est bien un émouvant et poétique chanteur et non un fou du roi que le public découvrira.

Le 4e album de l'Yverdonnois est en effet composé essentiellement de textes à l'écriture subtile qui soulèvent plus de questions qu'ils ne décrochent de sourires. Sur des musiques prenantes et élégantes, porté par des musiciens de haut vol (Alexis Gfeller, Fabien Sevilla et Patrick Dufresne), Thierry Romanens se livre ainsi mélancolique et sensible à souhait.

Si l'on nous avait dit que sous l'habit du clown se cachait un si talentueux chanteur Ă  texte...

Julien Delafontaine

24 Heures - 28 octobre 2006

Thierry Romanens, si bien chez lui malgré ses longues hésitations

Le chanteur yverdonnois a enfin osé se faire programmer à l’Echandole.
Oui, il y a «des accointances» entre Thierry Romanens et son épouse de directrice de l'Echandole, le théâtre de poche d'Yverdon. Et alors? Cinq ans après son dernier passage dans les caves du Château, le chanteur a enfin accepté de se produire dans ses murs, devant un public conquis. Du Doigt, titre de son album sorti en mars, Thierry Romanens ne montre pas seulement qu'il est un vrai chanteur, avec de vrais textes. Il donne aussi la preuve qu'il s'est entouré d'un vrai groupe. A la guitare électrique, Wally Veronesi sort des sons qui ont la saveur du meilleur rock eighties, ou rythme en finesse les ballades. Sautant du violon à l'alto, au piano ou à une batterie minimaliste, Patricia Bosshard soutient des arrangements déconcertants de richesse, de densité et de complexité. Si bien qu'on peine à croire qu'il n'y a personne d'autre pour les jouer, sinon Thierry, à la guitare sèche ou à la mandoline électrique. Judicieusement, des ponts instrumentaux plus fréquents et plus longs qu'en version enregistrée permettent de goûter pleinement la fusion de ces trois excellents jeux de cordes. D'autant mieux que la sonorisation est soignée, aussi propre que les trois costumes immaculés des musiciens.

De l'humour quand mĂŞme
Et puis il y a le showman. Au pays, il avoue souffrir un peu de la collusion entre son personnage d'humoriste déconneur aux Dicodeurs et celui du chanteur-poète qui aborde aussi des thèmes graves. Mais sur scène, Thierry Romanens assume les deux rôles avec brio. La voix et le regard portent les textes droit au cœur, tandis que les intermèdes tout de blagues et d'improvisation ajoutent à l'ambiance légère d'un concert qui se donnait, pour ainsi dire, entre copains. Jeudi soir, la salle avait été mise en condition par un véritable phénomène qui mérite une mention spéciale. Sous ses airs de petite ado gênée, Yoanna se révélait en fait une redoutable accordéoniste à la gouaille intarissable, aux chants engagés et à la présence scénique délirante. Elle a d'ailleurs rejoint Thierry Romanens lorsque celui-ci jouait (à) La retirette: «Oh non, Monsieur…»

Prochain concert de Thierry Romanens: Morges, Théâtre de Beausobre, ma 14 novembre. Première partie: Agnès Bihl,
rés. 021 804 97 16.

24 heures - 07 mars 2006

Le Doigt dans le nez

La radio l’a découvert, mais Thierry Romanens veut exister par et pour ses chansons. Ses plus intimes chroniques, il les a réservées pour un second album qui confirme son étoffe de chanteur.
C'est pas pour cafter, mais Romanens écluse deux pastagas le temps d'une interview. Il dégaine ses clopes itou, rigolard, un tantinet nerveux peut-être mais volubile, comme fondu dans le cadre de ce rade yverdonnois dont l'échevelé s'avoue zélé squatteur. Au point de rendre hommage à son débit de boisson préféré dans Le doigt , son nouvel album en quinze jolies phalanges: au bal de l'Intemporel , «on s'y pousse et pousse-café / la clope au bec / l'haleine qui va avec / c'est bien mieux qu'à la télé!»…

L'illustré - Avril 2006

un retour enchantant

Il arrive en pleine forme, déjeuner de quelques bières au pub du coin, entre deux séances de répétition... Dès la semaine prochaine, le chanteur et ses deux acolytes musiciens présentent sur scène Le doigt, nouvel album enregistré à Montréal dans la foulée d'une vaste tournée: 160 concerts en deux ans et plus 127 000 kilomètres au compteur. "Il faut vraiment dire que c'est un projet à trois. D'accord, moi, je suis la chanteuse (sic), mais toutes les musiques sont cosignées, retravaillées, enrichies ou simplifiées par le trio." Soit Patricia Bosshard au violon et à l'alto électrique, et Walli Veronesi aux guitares. Ensemble, ils ont donc battu la campagne de Bretagne en Belgique, de Suisse au Canada. Des expériences irremplaçables, même les soirs de galère où il faut jouer pour une poignée de spectateurs…

Le Temps - 9 mars 2006

Romanens, coups de sang et élans du cœur

Sur la pochette du Doigt, en suspension sur un canapé fracassé en deux, il semble s'excuser de demander la parole. Thierry Romanens, en cancre malin de la chanson romande, a pourtant un wagon de défaillances humaines à dénoncer, des maux à épancher, quelques doutes et bonheurs à confesser. Le troisième album en six ans du chanteur franco-suisse pourrait ainsi autant incarner un doigt d'honneur qu'une main sur le cœur. Entre coups de sang et élans d'amour, notes d'humour et même de provocation ( "La planète" cosignée avec Sarclo), Romanens largue cette image de farceur qu'aime à lui accoler l'Helvétie francophone…

L'Express / L'Impartial - 02 mars 2006

Un doigt de Romanens

Un trio. En tournée promo pour son deuxième album "Le doigt" dans un bar de Neuchâtel, Thierry Romanens insiste. «Nous avons cosigné et arrangé les 15 titres à trois. Nous avons pensé musicalité avant tout». Quand il cite ses influences, il rend hommage à ses deux musiciens, «même si c’est ma gueule que l’on voit», Patricia Bosshard au violon alto et Wally Veronesi aux guitares. Mais attention, «si nous ne sommes que trois, ce n’est pas une formule au rabais, mais dans l’idée de mieux servir le texte. Et puis les gros trucs, avec basse et batterie, Johnny fait ça mieux que nous». Sourire, cigarette…

La Liberté - 10 mars 2006

Le plaisir en blues et blanc

L’esprit vif et la mèche rebelle,Thierry Romanens a mis de l’huile dans son timbre éraillé pour défendre ses nouvelles chansons. Il arrive sur le grand plateau de l’Espace Nuithonie, un peu intimidé dans son costume blanc immaculé tout juste sorti des cartons. Mardi soir à Villars-sur-Glâne, Thierry Romanens venait défendre pour la première fois en public les couleurs pastels d’un disque flambant neuf: «Le doigt», 15 chansons tendres, gaies ou inquiètes, remarquablement mises en boîte à Montréal par François Lalonde, producteur et arrangeur qui a travaillé notamment pour la chanteuse Lhasa. Pour qui ne l’a plus entendu depuis quelques années, du temps où il passait son brevet de chanteur professionnel dans les cabarets romands, le Dicodeur de La Première surprend par des qualités vocales et instrumentales qu’on ne lui connaissait pas…

La Gruyère - 9 mars 2006

Un doigt pointé sur le monde

Dans son troisième album, Thierry Romanens regarde le monde et il ne lui donne pas toujours envie de rire. En quinze chansons conçues en trio, «Le doigt» montre surtout que l’univers de Romanens se révèle de plus en plus cohérent, avec ses décalages poétiques, son humour, sa mélancolie et ses refuges dans l’amour et l’amitié. Sur la pochette, un mur qui se lézarde, un sofa coupé en deux. Et Thierry Romanens qui lève le doigt. Dans un monde qui s’effondre, il a quelque chose à dire. Et l’on aurait tort de ne pas l’écouter: avec Le doigt, son troisième album, Thierry Romanens franchit un nouveau pas. Vers plus de cohérence, dans un univers de plus en plus personnel et affirmé…

La Presse - 24 mars 2005

La saison du Thierry

(…) C'est qu'on ne s'ennuie pas dans un concert de Thierry Romanens. Nous devinions déjà son esprit vif grâce à son disque le plus récent, Les saisons du paradis. Mais sur scène, le chansons viennent colorer, si on peut dire, la personnalité attachante de ce performeur.
Ainsi, on ne s'étonne pas de l'entendre s'approprier une chanson de Brassens — Cupidon, avec d'étonnants arrangements — tant on sent qu'il partage avec le grand de la chanson française le plaisir des mots coquins et l'humour débonnaire.(…)

La Gruyère - 22 mai 2004

Un artiste vraiment complet

Quelle pêche, ce Thierry Romanens ! Sa prestation a littéralement mis le feu à l'Hôtel de Ville, mardi soir. Impressionnant. On le connaissait humoriste et comédien de talent, le voilà en passe de gagner ses palmes d'auteur-compositeur-interprète. Une reconnaissance on ne peut plus méritée au vue du spectacle haut en couleurs qu'il a présenté avec ses deux acolytes. Le trio enfile les jolies ritournelles des récentes Saisons du Paradis. En parfaite symbiose : les nombreux concerts donnés par le groupe commencent à payer. Entre les titres, le chanteur ède la place à l'humoriste qui distille ses bons mots, comme il sait si bien le faire à la radio. Complicité avec l'auditoire garantie. Le public des Francomanias ne s'y est d'ailleurs pas trompé. Il a réservé à l'Yverdonnois un véritable triomphe.

La Liberté - 19 mai 2004

Par le bout du nez

Carton plein pour Thierry Romanens: il fait rire, on le savait. Mais il sait faire pleurer. Il a mené la salle par le bout du nez. Un coup à droite, un coup à gauche. Franche rigolade, moments plus intimistes, tout y est passé, au rythme dicté par Thierry Romanens. Il était le seul maître à bord, sans contorsion. Alors que, trop souvent, ses tours de chant se résumaient à de divertissants moments de respiration entre deux plaisanteries, Romanens a montré hier soir qu'il était passé du statut d'honnête clown, parfois sérieux, à celui d'honnête chanteur, parfois triste. C'est simple, les gens l'écoutaient. Comme il faut. Comme on aime être écouté. Par quel miracle tout ça s'est-il mis en place? Peu importe, même si les 80 concerts que Thierry Romanens vient d'aligner ces derniers mois aux quatre coins de la francophonie commencent à payer : sans être léché, le concert est bien en place. Fini les scènes toujours trop grandes. Désormais, Romanens et ses deux compères occupent l'espace. La voix, les arrangements également, sont plus cohérents. Et le public ne s'y trompe pas. Il sent à ces détails qu'il peut suivre pour un moment le grand hirsute. Thierry Romanens a fait un joli carton hier soir. C'était son cinquième passage aux Francomanias. Le meilleur. Les yeux fermés.

Le Soleil - 21 février 2004

Gravement drĂ´le !

Thierry Romanens se définit comme un dépressif enthousiaste. Le bonheur de découvrir un auteur-compositeur-interprète dont on ne se dit pas seulement qu'il a du potentiel ! Romanens a plus que ça. Seulement deux disques et, déjà, un style défini, une présence forte sur scène et des textes finement écrits, à la fois graves et drôles. Peu d'artistes portent en eux ce riche mélange de maturité et de fraîcheur.

La DĂ©pĂŞche du midi - 29 mai 2003

Romanens est un cas. Un cas d'école car il allie, avec bonheur, humour grinçant et fragilité à peine avouée (…). Romanens est promis à un avenir drôle et ébouriffé.

Le Progrès - 29 novembre 2002

(…) Il est direct, franc, jovial, avec une gueule de Tintin picaresque et pittoresque, "heureux comme le cochon dans la fange, je ne suis qu'un rieur aux anges" (…) Romanens ne peut qu'entrer dans le club, très ouvert, de nos désirs chansons. Il est farouchement irrésistible.

Le Matin - 11 août 2000

Il est touchant, rieur, tendre, surprenant, léger, sensible, poêtique, sensé, inattendu… (…) et une seule question se pose, légitime "Que ne sait-il pas faire ?" Ah! j'oubliais: l'hommage final à Brassens… vous découvrirez comment le chat de "Brave Margot" prend un joli coup de beat bien senti !

La Gruyère - 6 juin 2000

Autant dire qu'avec sa gouaille et son aisance, le bougre est capable de tout. Certes, il a un avantage au départ: grâce à sa bouille impayable, il lui suffit de se passer la main dans les cheveux pour déclencher les rires.
© Thierry Romanens 2009.
Photographie & design, Fabian Sbarro.
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